Site Clunisien
Dévoilement de la plaque Rosace 
le 03 Septembre 2006 au Prieuré a Tulette


TULETTE ET LES MOINES DE CLUNY

Tulette est un petit bourg provençal dont les origines seraient gallo-romaines.
Vers l’an 900, il fait partie de la Provence et est attribué au duc de Boson,
 beau frère de Charles le Chauve.
Le premier document de transaction date de 1095.
Tulette est une possession du comté de Toulouse qui, en 1210, la vend à Guillaume des Baux, Prince d’Orange et celui ci endetté la vend en 1366 à Frère Déodat, prieur de St Saturnin du Port, moine bénédictin de Cluny, à charge de conserver à ses habitants toutes leurs libertés et franchises.
Les moines sont présents à Tulette depuis le X e ou XI e siècle. Ils ont construits l’église dédiée à St Pierre, elle devait se composer d’une large nef et d’un sanctuaire flanqué peut-être de deux chapelles, comme les simples églises rurales de l’ordre de Cluny.
En 1302, un document donne aux religieux, le titre de Prince et les moines acquirent une certaine autonomie.
Le 8 juillet 1366, Frère Déodat reçoit donc la juridiction féodale de Tulette avec tous les avantages seigneuriaux. Depuis le Xe siècle, les moines avaient déjà la juridiction ecclésiastique et la perception des dîmes.
Les moines restaurent et agrandissent l’église et construisent le Prieuré adossé à l’église et à l’abri des remparts, construits au nord du village en 1203 par les Princes d’Orange pour se protéger des routiers.
En 1386, les moines aidés des habitants prolongent les remparts au sud, long de 500m en forme d’ellipse, ils englobent les 120 maisons du village, avec 2 portes (Pailhouse et le Portalet) et 14 tours, dont la tour ronde.
Guerres de religion : en 1562, Tulette devient protestante. En 1568, le Comte de Suze convoque cavalerie et artillerie, s’en suit une canonnade pendant deux jours.
Les catholiques escaladent les remparts (lutte sanglante), boulet encastré dans la tour du sud ouest.
Prise entre les états du Dauphiné et ceux du Pape, le village soutient neuf sièges : prise 1 fois par Serbelloni, capitaine du Pape, 1 fois par Gouvernet, baron des Adrets.
L’église est détruite puis incendiée par le baron des Adrets en 1568. Seuls le chœur et une partie de la façade occidentale ont subsisté.
En 1581, le duc de Mayenne ordonne la destruction de la place forte de Tulette, toutefois les tours et les remparts étaient conservés.
Après un ½  siècle de guerre, Tulette demande son annexion au Dauphiné.
L’église actuelle date de 1609. Reconstruction de l’église et du clocher : 800 écus. La nef fut relevée de 2m56. Au chevet une porte du côté du midi (visible mais murée) et une petite fenêtre en plein cintre.
Le mur du Nord a servi de rempart (marques de tâcheron et balles de mousquets), 2 contreforts en pierre de taille.
Au midi, cour du Prieuré avec arc-boutant en forme d’ogive et porte permettant l’accès au village.

Le Prieuré (Claustrum) à l’ouest, corps de bâtiment en prolongement de la façade de l’église.
Au midi autre corps de bâtiment dominant le village de 20m. A l’est, haute muraille percée d’un portail par lequel on accède du village à la cour du Prieuré.
L’ensemble surplombe Tulette au midi et au couchant, la campagne au nord.
Le bâtiment du sud était les pièces d’habitation du Prieur et du sacristain (reste d’une tour au coin sud-est).
Le bâtiment à l’ouest qui s’appuie sur l’église était à l’étage un grenier et au rez de chaussée, le cellier.
Cellier dans lequel on célébrait la messe après que l’église eut été détruite en 1568.
Dans la cour du Prieuré, l’arc boutant enforme d’ogive supporte l’escalier qui permettait d’accéder au grenier et aux fortifications.

Notre Dame du Roure : les moines aidés par les libéralités des Princes d’Orange ont construit à 2 km à l’ouest du village la chapelle N D du Roure au XI e ou XII e siècle.
Texte de 1182 : charte d’affranchissement
En 1794, elle est démolie par les révolutionnaires, sa reconstruction est achevée en 1835.

Le Béal : on doit encore aux moines de Cluny le creusement d’un béal (13 août1281) permettant de prendre l’eau à Aygues et de l’amener à Tulette.

A la révolution, les Prieurs de Tulette, moines du village sont chassés et remplacés par un prêtre constitutionnel.
En 1791, adjudication des biens du Prieuré et de la Paroisse ;